Kipolo : succès d’une intervention chirurgicale

Alors que le postopératoire de l’intervention de la double cataracte de Kipolo n’a présenté aucun problème, voilà qu’il a développé une infection subite de son sac laryngé… changement de programme… son transfert dans l’enclos 3 devait attendre.

Il faut dire que, ayant retrouvé la vue après plus de deux ans de cécité, notre « bien trop grand » de la nursery était devenu vraiment turbulent ! Au point que les Mamans s’impatientaient de voir venir la fin de sa convalescence et avaient déjà demandé son transfert!

« Qu’il aille donc se faire remonter les bretelles par Tshilomba, Isiro et Likasi, l’alliance des grandes femelles de l’enclos 3 et que les mâles, Makali en tête, lui apprennent le règlement d’ordre intérieur chez les bonobos! »

Une telle intervention du sac laryngé n’avait plus été effectuée depuis bien longtemps à Lola. Crispin, coordinateur de Lola jusqu’en 2009, contacté par Pierrot, a accepté avec joie d’en faire la démonstration devant la nouvelle équipe de santé. C’est ainsi que le dernier jour de l’an, tous ensembles ils ont opéré Kipolo, qui a donc recommencé une nouvelle convalescence… au grand dam des Mamans de la nursery, car il était toujours aussi turbulent !

Pré-op : Préparation

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Post-op: Succès

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Nous avons du attendre fin janvier pour effectuer avec succès son transfert définitif à l’enclos 3 ! Quel soulagement pour les Mamans. Elles nous demandent toutefois de bien les informer de son évolution! Turbulent, mais bien aimé ce Kipolo!

Transfert à l’enclos 3, via enclos 1

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Sous la conduite de Maman Henriette, aujourd’hui responsable de l’enclos 3 et l’œil inquiet de sa Maman Micheline, Kipolo s’est intégré à son nouveau groupe avec succès, heureux de retrouver ses anciens copains, Shibombo et Kodoro.

Progrès de Bolomba

Kipolo partie pour se soigner

Suite au départ de Kipolo pour l’enclos 3, les Mamans n’étaient pas les seules à être soulagé de son départ !k

Bolomba (femelle de 9 ans, fortement handicapée d’un bras par la blessure occasionnée par un piège à câble et arrivée à Lola en octobre) ne craint plus de se faire bousculer par le turbulent Kipolo ! Elle progresse de jour en jour : elle a retrouvé l’usage de son épaule, puis de son coude, maintenant elle s’appuie sur sa main fléchie dans le bon sens et commence même à se suspendre en s’aidant de ses deux bras et à transporter des deux mains les fruits et le ballon !! Quel progrès ! De plus avec son amie Lukuru à ses cotés elle a de plus en plus d’assurance.

Bolomba récupère la mobilité de son bras droit.

Aujourd’hui, elle lève son bras plus haut que sa tête! Quel progrès de puis son arrivée en octobre! Bolomba avait eu le bras prit dans un piège à câble en septembre, au fin fond de la forêt de l’Équateur, une opération sauvetage avait été organisée pour la ramener d’un village non loin de Bolomba.

Agée d’une dizaine d’années, si elle continue sa récupération, elle sera introduite dans un enclos des “grands”!!

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Nouvelle orpheline : La confiscation de Boma

Le 5 février, nous recevons « en grande pompe » une petite femelle de 3 ans, convoyée jusqu’à Lola par une délégation BCI/APE ALLIANCE qui était partie procéder à sa saisie à Boma, une ville du Bas-Congo ; délégation accompagnée par toute la famille qui l’avait accueillie pourtant bien illégalement ! Beaucoup trop d’honneur à notre goût pour avoir enfreint la loi congolaise sur la détention des espèces en danger comme le Bonobo !

Comment s’est-elle retrouvée là ? En dehors de l’habitat des Bonobos ! Comme bien souvent, une grande partie de la malheureuse histoire des orphelins que nous faisons saisir officiellement, disparaît dans les nimbes des légendes contées par leur détenteur !

Boma nous est arrivée avec une toux bien grasse et un ventre ballonné causé par une nutrition mal appropriée. Elle est prise en charge par Maman Espérance qui l’accompagnera pour les années à venir à la Nursery. Lors de sa période de quarantaine, nous sommes heureux de constater que son ventre dégonfle presque à vue d’œil, parfait pour cette petite qui raffole des pousses de « beyas », aliment que l’on trouve dans l’habitat naturel des bonobos.

Boma à son arrivée

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Boma un peu plus tard…

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Sa période de quarantaine finie, Boma a rejoint la petite nursery. Les premiers contacts avec les nouveaux camarades se passent bien même si elle ne lâche pas sa maman de substitution… et comme toujours chez les bonobos, l’accueil de cette nouvelle commence avec les « câlins ».m

 

Porquoi les bonobos sont –ils en danger?

Notre plus proche cousin est en danger d’extinction. Estimés à environ 100.000 individus dans les années 1980, les sources les plus sérieuses estiment qu’il n’y aurait plus que 5.000 à 20.000 bonobos restant à l’état sauvage – guère plus que la population d’une bourgade ou d’une petite ville de province… k

Le biotope des bonobos, longtemps protégé par l’inaccessibilité de sa forêt, est menacé par le braconnage et la déforestation, résultats de plus de 10 ans de conflits violents et meurtriers. Les déplacements de population fuyant les combats ou à la recherche de quoi survivre ont érodé les tabous ancestraux protégeant les bonobos, tandis que la présence de soldats armés mais trop souvent impayés a favorisé la recrudescence de la chasse et du trafic d’espèces protégées…

Protégé par les lois congolaises et par la Convention de Washington (CITES), le bonobo est pourtant toujours victime du trafic de viande de brousse et des braconniers. Lorsque la maman est tuée pour sa viande, le bébé orphelin est vendu sur les marchés et dans les rues de Kinshasa comme animal de compagnie. Et c’est là qu’intervient Lola ya bonobo.

Avec la paix récemment retrouvée, la prochaine décennie sera cruciale pour convaincre la nouvelle génération de congolais de contribuer à la survie de l’espèce.